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Marie-Thérèse
Tsalapatanis
Prix et distinctions
Médaille du Conseil Régional d’Ile de France. Médaille de Bronze et médaille d’Argent-Salon des Artistes Français. Médaille d’Argent du Salon Violet - Paris. Trophée du Lions Club de Saint Quentin en Yvelines. Premier Prix de sculpture - Fontenay le Fleury. Médaille du Conseil Général des Yvelines. Grand Prix du jury de Saint-Cyr-l’Ecole. Premier Prix de sculpture - Ozoir la Ferrière. Premier Prix de sculpture - Salon Iris. Prix de sculpture - Académie de Sénart. Prix de la ville du Mée sur Seine. Premier Prix de sculpture et Prix des visiteurs -Savigny / Orge. Prix des visiteurs - Roissy en Brie. Premier Prix de sculpture - Deuil la Barre. Prix de la ville de Veneux les Sablons. Médaille du Sénat. Médaille d’Or - Quincy sous Senart. Premier Prix de sculpture - Gretz Armainvillier. Prix des visiteurs - Lions Club de Draveil. Premier Prix de sculpture - Ablon sur Seine. Prix du Crédit Lyonnais. Premier Prix de sculpture - Moncourt-Fromonville Prix de la Ville de Villemer Prix des visiteurs - Saint Germain Lès Corbeil Prix de la ville de Moret sur Loing. Prix de sculpture - Salon deVélizy. Prix de sculpture - Vallée de Chevreuse Prix de sculpture - Salon de Rambouillet Prix du salon du Félin - Villeneuve Saint Georges Prix de la ville de Juvisy sur Orge - Salon Paris Sud Prix de sculpture - Salon de Créteil Médaille d’Or - Salon International « M.C.A » de Cannes Prix des Ateliers- 30e Salon Art-Expo de Ballancourt
Invitée d’Honneur dans les salons de:
- Ozoir la Ferrière - Combs la Ville - Villeneuve le Roi - Paray Vieille Poste - Alfortville - Villeneuve St Georges - Saint Maurice - Saint Denis - Juvisy sur Orge - Etampes - Biennale de sculpture de Boissy St Leger
Acquisitions Publiques :
Sculpture monumentale Osanna Portrait du Président Alain Poher Sculpture monumentale Don Quichotte Achats de la mairie de Villeneuve le Roi Ministère de l’Education Nationale Ministère des PME.
Principales expositions :
Institut de France, Académie des Beaux Arts, portrait Paul Louis Weiller. Galerie du Haut Pas - Paris 5ème. Galerie la Règle d’Or - Paris 14ème. Salon des salons des Yvelines - Versailles. Salon d’automne de Maurepas. Académie Boitiat - Barbizon. Château de Ferrière. Euro Art - Arche de La Défense. Euro Art - Barbizon. Pavillon Henri IV - Saint Germain en Laye. Exposition en Allemagne. Galerie Mailletz - Paris 5ème. Galerie du Château - Dampierre. Galerie Marumo - Paris 1er. Biennale de sculpture du Val de Marne Centre Socioculturel de Valenton. Galerie Lalloz - Les Sables d’Olonne. Galerie Kesteelot - Bruxelles. Galerie Art’9 - Paris 9ème. Galerie Lalloz - Montreuil aux Lions. Centre Jean Ardouin - Montgeron. M J C Fernand Léger de Corbeil Essonne. Musée Henri Chapu - Le Mée sur Seine. Salon d’Automne - Paris. Hommage à Rodin - Toit de la Grande Arche. Comité du Tourisme de Seine et Marne- Fontainebleau. Affiche & salon Art du Nu. Paris 17ème. Espace Alain Poher - Ablon sur Seine. Château de Rully en Bourgogne. Corps et Signes - Avallon. Art en Capital - Grand Palais. Paris Galerie Art Montparnasse. Paris 14ème Fondation Biermans-Lapôtre. Paris 14ème Galerie le Salon des Arts. Nantes Orangerie du parc de la Tête d’Or. Lyon Couvent de Charrière. Châteauneuf de Galaure.
Exposition permanente : Galerie Philippe Paschos. Place Neuve. 83 310 GRIMAUD-VILLAGE Galerie le Salon des Arts. 8, rue Félibien. 44 000 NANTES
Essence du nu
Entrer dans l'univers de Marie?Thérèse Tsalapatanis, c'est faire un retour aux sources de la sculpture : des formes muettes, sinueuses, enroulées sur elles?mêmes vous regardent de leur regard noyé, et leurs têtes dressées semblent émerger de quelque rêve intérieur à une réalité encore imprécise et angoissante. La plupart sont des nus « car le nu nous dit l'artiste, est éternel ». Il transcende la forme. Le silence s'impose. On assiste peut-être à une sorte de genèse, de naissance avant que les corps ne se déroulent pour prendre possession de l'espace. Il y a, à la fois unité de la forme et fermeture. Non pas que ces corps n'aient pas déjà leur espace. En vérité, ils existent au-delà de leur épure, forme et mouvement comme chez Jean de Bologne auquel certaines de ces oeuvres me font irrésistiblement penser, comme L'Eveil (1994) ou La Pose (1996) ou bien encore Flore (1994), toute en torsion ainsi que la Femme Assise ou La Méditation. De ces statues émane un Éros mesuré, contenu que l’on pourrait presque qualifier de pudique. Il y a aussi cette sublime Osanna, mi?sirène, mi?déesse qui semble sortir de l'Océan des origines et s'ébroue, attachée à son rocher, à peine consciente encore de la lumière du jour sur son corps poli par les ondes. Il en est de même de Maternité où la femme et l'enfant se contemplent dans un dialogue éternel de formes enroulées et inséparables comme si la venue au monde de l'enfant ne faisait que souder plus profondément des liens que le foetus avait consacrés. Les figures de Tsalapatanis accèdent au monde dans l'inquiétude et dans l'angoisse. Elles gardent le souvenir de la protection primordiale. Les oeuvres antérieures à 1996 cependant paraissent plus sereines. Elles s'inscrivent dans la grande tradition grecque et renaissante à laquelle l'artiste appartient, de par ses origines ? Péloponnèse et Ile de Cos ? . Tsalapatanis reconnaît du reste cet héritage, « quitte », dit?elle, «à s'en affranchir . Je ne crois pas aux gens qui ne passent pas par la rigueur. Il faut se créer des barrières pour les briser par la suite. C'est comme l'éducation il faut se libérer». Tsalapatanis fait de la sculpture depuis vingt ans : la terre cuite, ?elle utilise l'argile noire ou rouge?, le plâtre, la cire et le bronze. Elle confie ses patines au fondeur mais s'en inquiète car « la patine peut changer les choses ». Or le bronze doit être fidèle à la forme de son original, la sculpture en terre cuite. Elle a d'abord fait du dessin dont elle recommande la valeur formatrice, puis travaillé sur des modèles vivants; un passage par les ateliers de la Ville de Paris et ensuite un itinéraire personnel à « l'écoute de ses sensations propres ». Dans les oeuvres plus récentes, les formes s'alourdissent, la main du sculpteur y cisèle de profondes cicatrices que la patine souligne Caryatide, Birdy, Le Penseur, Jeune homme assis et Aurore appartiennent à cette nouvelle inspiration ainsi que La Terre : formes tourmentées, plus enracinées, comme se refusant à quitter leur gangue de terre cuite ou enfermées dans la patine verte ou brune de leur bronze. Birdy est « femme?oiseau » elle s’apprête à l'envol, son esprit l'y invite mais ses mains enserrent toujours un corps tendu, aux muscles saillants, qui s'attache à la terre de toutes ses frayeurs. il en est de même du Penseur, aux formes torturées, à la main posée au sol comme pour s'y enraciner, au visage hagard entre résolution et irrésolution. Et puis il y a La Terre et Aurore, toutes deux spirale, rondeur, fermeture. La Terre, plus lourde, plus massive est comme ancrée dans une certitude qu'elle se refuse à quitter. Il y a du Maillol dans ce personnage, une solidité plus avouée. Elle a accédé à l'équilibre que refuse Aurore, corps dynamique , qui regarde vers un ailleurs, visage presque serein. Le jour s'est levé, brillance et illumination imprègnent cette oeuvre tournée vers l'espérance d'un lendemain. Sous ses deux formes, terre cuite et bronze, elle apparaît différemment. La terre cuite lui donne plus de force, de puissance, tandis que le bronze crée une présence plus exigeante, donne l'illumination intérieure et l'éclat. Aurore est une soeur lointaine de l'Aurore de Michel?Ange mais elle n'a ni l'imposante silhouette de sa devancière ni sa divine sérénité. l'Aurore de Tsalapatanis est une femme, rien qu'une femme qui prend conscience d'elle?même au matin d'un jour qui commence. Tsalapatanis aime aussi travailler le portrait. De nombreuses têtes jalonnent son itinéraire, de son autoportrait aux deux ou trois portraits de Picasso pour lequel elle avoue avoir un faible, tous saisis dans leur singularité et leur essentialité. Il y a aussi la Chimère si chère aux Sculpteurs de la Renaissance, à laquelle elle donne un visage d'angoisse comme cette Sybille de Delphes habitée par la révélation. Et cette Femme-Poule, retour à l'art primitif, tête et buste menus, ventre et hanches gigantesques d'une déesse?terre, lovée dans son nid, clin d'oeil plein d'humour, autre visage de la maternité, vu sous l'angle de la dérision. Ici l'image préalable impose la forme, un regard, une ligne. Dans ce cheminement il y a bien un itinéraire, un accès au monde, une manière de s'y insérer dans la difficulté et parfois dans le refus ( Birdy, La Terre ,Le Penseur). La première période s'épanouit dans l'équilibre d'un maniérisme élégant mais bientôt les formes tourmentées et inquiètes occupent un espace qui se définit de plus en plus par la forme close qui curieusement enferme sa dynamique mais en même temps explose au-delà de la forme elle?même. Ces formes sont aussi « non-finito », un peu brutes encore dans leur matière, elles ressemblent à des ébauches mais n'en sont pas, elles restent dans l'indéfinition, le non?dit. C'est le choix de l'artiste qui travaille la matière presque en ronde bosse. Michel?Ange aussi pratiquait cette technique. C'est pourquoi malgré leur dimension, les statues de Tsalapatanis ont besoin d'espace. Leur volume les dépasse, elles doivent être vues sous tous les angles accomplissant ainsi le voeu de Michel?Ange, ce qui veut dire qu'elles existent différemment selon l'angle sous lequel on les contemple. Leur but est de provoquer un dialogue silencieux avec le regard du spectateur. Dans la multiplicité de ses perspectives gît le secret de la vraie sculpture et c'est là son but même, et sa supériorité sur les autres formes d'art. C'est pour cela qu'aujourd'hui, dans notre XX° s. qui privilégie les formes et les volumes dans la spatialité, elle est la compagne favorite de l'architecture, faisant ainsi retour à ses origines, à la gangue du Babylonien, réintégrant l'édifice après s'en être détachée. Plus récemment, Tsalapatanis S'est intéressée à la figure éternelle et sublime de Don Quichotte, commande d'un bronze de deux mètres pour une école professionnelle à Argenteuil. Elle est partie de la description du Chevalier à la Triste Figure telle que la brosse Cervantès au début de son immortel ouvrage, pour en tirer une série d'images?ébauches, qui peu à peu se sont décantées: les premières sont encore figuratives, puis la sculpture s'amenuise, devient filiforme, stylisés, idée plutôt que forme, et en même temps se densifie par une tension interne, dans l'allongement. Il n'a plus forme de pied, de main. On reconnaît un livre, une épée, une tête perdue très haut. On songe évidemment à Giacometti mais aussi à Daumier qui donna également vie au personnage. Mais on reconnaît bien aussi Tsalapatanis dans cette tête dressée, cet homme debout qui brandit devant l'éternité un rêve dérisoire et impossible, une folie sans âge que la réalité brisera. C'est l'esprit de Don Quichotte que le sculpteur exprime dans ces figurines, à travers une matière nouvelle pour elle : la cire. Cette difficulté d'être à la vie et d'accepter de la dire en toute humilité, Tsalapatanis la proclame tout au long d'une oeuvre déjà abondante et discrète, comme l'artiste elle?même qui ne revendique que le travail et l'attachement à son art
Lauriane d'Este. Historienne d'art Professeur à l'Université de Paris X Nanterre.
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